Par Nana Rosine Ngangoue
Une trentaine de participantes à la sixième conférence régionale africaine sur les femmes, qui s'ouvre ce 22 novembre à Addis Abeba en Ethiopie, ont pour la premiere fois fait connaissance avec le monde fabuleux des Nouvelles Technologies de l'Information.
Grâce à un cours d'introduction à Internet organisé les 20 et 21 novembre par l'Association pour la Communication Progressive connue sous son sigle anglophone APC-AfricaWomen et le Centre Africain des Femmes de la Commission Economique pour l'Afrique, ces femmes ont pu acquérir leur première adresse électronique et naviguer sur le fameux Web.
Selon Mariétou Dia, l'une des formatrices de la session, la plupart des participantes n'avaient jamais utilisé Internet. "Certaines avaient même peur de toucher à la souris", a-t-elle expliqué.
"Nous avons noté un grand engouement, une certaine soif d'apprendre de la part des particpantes qui ont obtenu des adresses personnelles. Certaines ont même inscrit leurs organisations", ajoute Marietou.
Les participantes ont surout été fascinées par la facilité de l'apprentissage.
"Je ne croyais pas que cela serait si facile. J'ai été initiée en quelques heures seulement. Je croyais qu'il fallait avoir beaucoup d'expérience et d'argent pour avoir accès à Internet", affirme Anne Ansang, journaliste à la télévision camerounaise. Elle est fière de communiquer sa première adresse électronique: ansang@ orientation.com.
L'expérience de Ansang est revélatrice des difficultés que les femmes rencontrent dans l'accès aux nouvelles technologies de l'information. En tant que journaliste, elle s'est très top familiarisée aux ordinateurs mais ne les a jamais utilisés pour ses besoins de communication, parce que, dit-elle son audience cible ne connait pas l'informatique et se concentre dans les zones semi-urbaines et rurales où l'électricité est une denrée rare.
Deux femmes agricultrices, originaires du Sénégal, ont montré leur intérêt à s'impreigner des nouvelles technologies de l'information qui constituent , selon elles, une voie à ne pas négliger au moment où le mode connait de nombreuses mutations.
"Nous voulons être au faîte de l'information, car nous sommes conscientes que celui qui detient l'information, detient le pouvoir", a dit Khady Ndao du Sénégal.
Bien que l'ensemble de la formation ait été bien appréciée des bénéficiaires, nombreuses sont celles qui ont déploré la courte durée du cours, car l'exercice était très passionnante.
Mais le principal regret des initiées demeure sans doute le manque de moyens et d'opportunités pour pouvoir mettre en pratique les connaissances acquises, une fois rentrées dans leurs pays respectifs.
Force est en effet de constater que la plupart des bénéficiares de cette formation ne possedent pas d'outils informatiques appropriés pour se connecter. L'acquisition de ce materiel demeure onéreuse et souvent au dessus des capacités financières de la plupart d'entre-elles. De plus, l'absurdité est poussée jusqu'au point où, pour celles dont les institutions sont connectées, l'accès n'en est reservé qu'aux responsables qui sont souvent des hommes.
Pour contourner ces difficultés, les partcipantes à la formation d'Addis Abeba proposent de se constituer en reseaux en vue de préparer des projets d'acquisition d'ordinateurs à soumettre à differents partenaires. D'autres, plus humbles, comptent tout simplement utiliser les instituts de formation et autres fournisseurs d'accès à Internet disponibles dans leurs pays.

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