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Les femmes réfugiées vivent un avenir incertain
(Flame/Flamme, 24/11/99)
Par Ruth Omukhango

Amina Aden, une réfugiée somalienne s'interroge sur son avenir ainsi que celui de sa famille. Infirmière dans le district de Zeila, elle se retrouve aujourd'hui dans un camp de réfugiés à la frontière avec l'Ethiopie, après que son village a été assailli par des militaires.

"Nous avons tout perdu pendant la guerre", affirme Aden, mère de cinq enfants.

Aden et son ancien époux, un fonctionnaire, vivaient dans une belle demeure à Zeila. En partant, elle a tout laissé derrière elle. "Nous n'avions pas le temps de faire nos valises ou de récupérer des objets de valeur. Nous avons abandonné tout ce que nous avions acquis après un dur labeur".

Elle attend avec impatience la fin de la guerre pour pouvoir rentrer chez elle.

Selon les chiffres publiés par le HCR, l'Afrique abrite 3,3 millions de réfugiés, 1,6 millions de personnes déplacées et 1,3 millions d'anciens réfugiés.

Le directeur régional du HCR pour l'Afrique de l'Est et les Grands lacs, Wairimu Karago estime que deux tiers de ces réfugiés sont des femmes et des enfants.

Le mandat premier du HCR est de protéger les réfugiés et de trouver des solutions durables à leurs problèmes. Il assure aussi la protection et la promotion des droits des réfugiés, conformément aux articles 1 et 2 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui reconnaît que les droits humains de la femme.

"La femme réfugiée fait certainement face aux mêmes problèmes que d'autres femmes. Cependant, les problèmes de la femme réfugiés sont plus complexes", affirme Karago. La plupart des camps de réfugiés sont situés dans des zones arides et ne possèdent aucune infrastructure. Cela a rendu les réfugiés totalement dépendants de la communauté internationale.

Le HCR a entrepris plusieurs actions d'amélioration des conditions des réfugiés, dans le cadre de la mise en œuvre des plates-formes d'action de Dakar et de Beijing. Parmi ces actions, l'on cite les programmes d'assistance alimentaire destinés à améliorer la santé de femmes réfugiées. D'autres innovations incluent l'introduction des classes d'alphabétisations, le renforcement des capacités, la création des garderies pour permettre aux femmes et jeunes filles de suivre les séances de formations.

Dans un camp, des tribunaux mobiles ont été instaurés pour faciliter les poursuites judiciaires contre les délinquants sexuels. L'éducation des réfugiées et des jeunes mères a bénéficiée d'une attention soutenue. Des mesures significatives pour la scolarisation des filles ont été également prises.

Cependant, Karago indique que la mobilisation des fonds destinés aux programmes des réfugiés demeure difficile. ''Nous n'avons pas pu mettre en œuvre certains programmes'', dit-elle.

Le défis majeur demeure celui qui consiste à trouver des solutions pacifiques pour la résolution des conflits en Afrique.'' Nous devons développer une culture de tolérance et absolument mettre en avant les droits de l'Homme'', ajoute Karogo.

   


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